
Albert Thibaudet (1874-1936) a été le critique le plus écouté entre les deux guerres. Jean Paulhan écrivait, à propos de sa méthode : «Il est facile d'aimer la littérature. Thibaudet allait beaucoup plus loin : il aimait les écrivains. Il avait plaisir à relever dans un livre, dès la première page, certain terme ingénieux ; dès la troisième, une invention délicate ; et, pour finir, quelque alluvion, apportée par la rivière Sénèque ou le fleuve Virgile.» C'est parce qu'il aimait Gustave Flaubert que son livre, publié pour la première fois en 1922, remanié en 1935, nous aide encore aujourd'hui à mieux comprendre le solitaire de Croisset. Pour la première fois, un critique donnait une vue d'ensemble de la vie et de l'œuvre de Flaubert, le débarrassait de sa double étiquette de romantique et de naturaliste, et montrait enfin que Flaubert est un classique.
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Albert Thibaudet (1 April 1874, Tournus, Saône-et-Loire – 16 April 1936, Geneva) was a French essayist and literary critic. A former student of Henri Bergson, he was a professor of Jean Rousset. He taught at the University of Geneva, and was the co-founder of the Geneva School of literary criticism. He was succeeded in his post by Marcel Raymond. Thibaudet's reputation increased through 1920s and 1930s, in part for his regular articles in the Nouvelle Revue Française which he wrote from 1912 until his death, as well as for his numerous books.[1] In 1928, the philosopher Lucien Lévy-Bruhl sponsored him to participate in the first of the Cours universitaires de Davos, international meetings of intellectuals at Davos, Switzerland. In 2008, the Thucydides Centre (a research institute of the Paris Panthéon-Assas University) inaugurated the "Albert Thibaudet Prize", awarded to a French-language writer on international relations. Works: La Campagne avec Thucydide, 1922 (on Thucydides) Gustave Flaubert, 1922, republished, 1936 Le Bergsonisme, 1923 (on Henri Bergson) Physiologie de la critique, 1930 Les idées politiques en France, 1931