
Pourquoi la colonisation nippone est-elle un traumatisme pour les Coréens ? Le confucianisme est-il la clé de compréhension de la société ? Qu’est-ce que la révolution des Bougies ? L’école est-elle l’antichambre de l’enfer coréen ? Quel est le secret du génie coréen pour l’innovation ? Quelles relations la Corée du Sud entretient-elle avec la Chine ? La Corée est partout ! La K-Pop et les dramas envahissent nos écrans, le coréen est « la » langue à apprendre… la vague du Hallyu, le soft power du « Pays du Matin clair », a submergé le monde, telle une magistrale revanche sur un passé d’invisibilité et de souffrance. Car en un siècle, le pays a connu la colonisation japonaise, la partition avec le Nord, la guerre puis la dictature. Mais la démocratie l’a emporté à la fin des années 1980 : la Corée s’est réinventée et se hisse désormais au dixième rang mondial. Pourtant, la Corée du Sud souffre de ce miracle économique, obtenu à marche forcée : évolution sociale et ouverture trop soudaines, carcan du confucianisme et corruption toujours galopante. Sa jeunesse créative, immergée dans le virtuel, est en quête de sens dans ce pays sclérosé par les obligations sociales. La Corée est un monde de paradoxes qui s’impose comme un modèle de réussite mais avec une démographie et un moral en berne aggravé par un taux de suicides record. Pour comprendre ce pays si singulier, voici 100 clés, toutes passionnantes, puisées dans un passé qui, sous les habits de l'ultra modernité, hante toujours ses habitants.
Author

Journaliste, écrivain, spécialiste de la Corée Née en 1956 à Bar-le-Duc en Lorraine, Juliette Morillot a vécu plusieurs années en Corée et y retourne encore très fréquemment. Proche du peuple coréen, elle a partagé sa vie quotidienne dans les villes, les temples ou les rizières, elle éprouve pour ce pays farouche une réelle passim. Outre de nombreux articles et reportages sur la civilisation et la culture coréennes, elle a publié plusieurs livres : La Corée, montagnes chamarres et gratte-ciel (Autrement) et romans historiques : Le Palais de la colline aux nuages (Plon), Les Orchidées rouges de Shanghaï (Presses de la Cité). « Les Coréens ont en fait un côté très latin, très bouillonnant, violents, ils sont râleurs, de mauvaise foi en général, ils montrent leurs sentiments et sont amoureux. La culture coréenne est complètement différente de la culture japonaise. Elle se rapproche par la langue du finlandais, du turc et du hongrois, ce n'est pas une langue japonaise. La religion est proche de celle de Sibérie. C'est vraiment une culture à part, qui part la suite a été influencée par les deux gros empires que sont la Chine et le Japon dont ils ont systématiquement pris en sandwich. » (extrait d’un entretien avec l’auteur, Delirium)