
Le chevalier d’Eon se sentait mieux, les idées plus claires. Il songeait à ce qu’Ivanouchka venait de lui raconter. — Au fond, c’est peut-être la solution… — Quoi donc ? — Se laisser devenir fou… Ne pas lutter pour se souvenir. Peut-être parvient-on même à oublier qu’on est enfermé. — Non ! dit nettement l’enfant. — Pourquoi cela ? — Parce que c’est ce qu’ils veulent. Si vous oubliez, ils auront gagné. Il y eu un moment de silence. — Pourquoi m’ont-ils enfermé avec vous ? demanda le chevalier. — Parce que vous avez pris possession de leur secret, l’endroit où je me trouve. Alors, ils vous ont enfermé au sein même du secret que vous leur avez volé. D’Eon réfléchit un instant : c’était d’une logique inexorable.