
« J’écris tout bas » : être femme et poète au XIXe siècle n’est pas chose aisée, Marceline Desbordes-Valmore en convient. Et pourtant, inlassablement, la contemporaine de Lamartine et de Baudelaire s’est efforcée de faire entendre son cri. Mère endeuillée et amante blessée, elle écrit pour survivre à la solitude des amours mortes et célébrer la solidarité des âmes face à l’énigme de la perte. Souffles, murmures et berceuses sont les refrains d’une poésie vocale, dont les vers semblent destinés à être chantés. La voix de Desbordes-Valmore s’exhale en soupirs languissants dans les alexandrins de «Je ne crois plus», s’amenuise jusqu’au bord du silence dans les pentasyllabes de «L’Adieu tout bas» et cascade comme un rire dans la première «Imitation de Moore». La vibration d’une parole invaincue : telle est la joie déchirante qui naît des Pleurs (1833), dont cette nouvelle édition permet de redécouvrir une figure majeure de la poésie romantique, la seule femme élevée par Verlaine au rang de «poète maudit». Dossier : 1. Réception des poèmes au XIXe siècle 2. Voix de femmes en poésie
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Marceline Desbordes-Valmore (June 20, 1786 – July 23, 1859) was a French poet. She was born in Douai. Following the French Revolution, her family emigrated to Guadeloupe. In 1817 she married her second husband, the actor Prosper Lanchantin-Valmore. She published Élégies et Romances, her first poetic work, in 1819. Her melancholy, elegiacal poems are admired for their grace and profound emotion. Marceline appeared as an actress and singer in Douai, Rouen, the Opéra-Comique in Paris, and the Théâtre de la Monnaie in Brussels, where she notably played Rosine in Beaumarchais' Le Barbier de Séville. She retired from the stage in 1823. She later became friends with the novelist Honoré de Balzac, and he once wrote that she was an inspiration for the title character of La Cousine Bette. Her poetry is also known for taking on dark and depressing themes, which reflects her troubled life. She is the only female writer included in the famous Les poètes maudits anthology published by Paul Verlaine in 1884. A volume of her poetry was among the books in Friedrich Nietzsche's library. She died in Paris.