L'adultère mode d'emploi ou comment passer son temps quand on n'a pas grand chose à faire, ni - sommes toutes - grand chose à espérer. Comme prévu, le petit bréviaire du badinage amoureux tente d'accrocher son étoile à la constellation du charme "à la française". Elégance, discrétion bien sûr, et un petit zeste canaille et délicat. En un sens, l'ensemble est reposant. En ces temps sombres où la pudibonderie anglo-saxonne a fait des affaires du cœur une affaire de cul, de gros sous et de gros titres dans les tabloïds, la simple évocation d'un dîner clandestin aux chandelles prend des allures de fête. La simple épopée intime, à deux sur les quais de la Seine ou ailleurs, à se forger des souvenirs factices… Dans une nouvelle tout en ellipse, Jacqueline Raoul Duval aurait pu faire tenir sur l'adultère tout son discours charmant. Mais le drame, dans cet essai comme dans le sujet dont il traite, vient toujours des lourdeurs de la réalité. On se couche contre un parfum subtil et se réveille dans une odeur de rance. D'une scène de vie tout en saveur, on s'enfonce dans les miasmes de la tromperie conjugale, avec le listing laborieux des retombées sociales ou humaines. A la longue, l'ouvrage se lit un peu comme un Guide du routard du baise en ville. Les néophytes y trouvent quelques bons conseils, tandis que les "bons plans" éventés tirent des moues ironiques aux vieux briscards de l'aventure. On voyage comme on aime, en sociologue ou en aventurier. Mais in fine, rien n'ennuie jamais plus que la soirée diapos.—A.M.F.— — Urbuz.com