Occuper les distances est un essai littéraire qui reprend, en les décortiquant et en les amplifiant, les motifs de son nouveau roman. Génocides, guerres, horreurs ; nous sommes sans cesse confrontés à la violence du monde. Mais qu’en est-il de cette distance entre les victimes et nous, et comment comprendre l’expérience qui nous traverse en lisant des œuvres, en visitant des musées, en regardant des documentaires, en scrutant archives et témoignages qui font état de cette violence ? Peut-on parler de la Shoah sans l’avoir vécue ? Peut-on faire preuve d’empathie envers les autres tout en demeurant à l’écoute de sa sensibilité, de constater ses propres limites? Rigoureusement documenté, ce livre n’en est pas moins personnel, voire intime. L’autrice brise les entraves à la liberté de ressentir et de témoigner de ce qui nous touche, de contrer l’indifférence et l’oubli en restant sensibles à ces expériences présentes et passées à partir desquelles il nous faut appréhender l’avenir autrement. Esther Laforce construit son œuvre sans aucun compromis, à sa manière singulière et sensible.