
Jean est un vieil écrivain qui vit retiré dans un couvent, dans la campagne pas très loin de Paris. Un soir, revenu par le train, il s’arrête dans le bar PMU du village. Pour boire un verre. Pour être seul au milieu des autres. La vision furtive d’une très jeune femme blonde, chanteuse d’un petit groupe amateur qui se produit dans le lieu, va réveiller un fantôme et ouvrir une nouvelle et dernière page de sa vie. En 1976, le jeune romancier est en tournée aux États-Unis, et cherche à s’encanailler. Il croise, dans le couloir d’un bar, Platine, rock star déjantée du New York underground. De cette furtive rencontre, il tire un livre éponyme, Platine, qui paraît en 1978 et remporte le prix Goncourt. Quelques mois plus tard, elle accepte, contre toute attente, de jouer son propre rôle dans l’adaptation du roman, qu’il réalise lui-même. Ils ont une histoire. Elle lui permet l’accès à des légendes vivantes, dont William Burroughs, et de croiser quelques énigmatiques figures, comme Andy Warhol ou Nico, lui qui demeure malgré tout le petit « frenchie » dans les vertiges de Manhattan. Mais les histoires d’amour ont souvent une fin. Celle-ci le fracassera. Accepter de voir Marie, la jeune chanteuse sans grand talent, à la même blondeur platinée, c’est prendre le risque de réveiller le douloureux passé dont l’isolement est sensé le protéger. C’est aussi s’ouvrir une chance : celle de l’écriture. Sur un rythme soutenu, et inspiré par le personnage de Debbie Harry, la chanteuse du groupe Blondie, Julien Decoin écrit un roman à la fois nostalgique et extrêmement contemporain, dans un esprit punk et romantique. Le cocktail est savoureux et détonant.