
Ce livre, écrit en 1945, à l'époque où la France connaissait le régime déshonorant de la prostitution réglementée, n'a rien perdu de son actualité. Sans doute, la loi du 13 avril 1946 a-t-elle fermé officiellement les « maisons de tolérances » mais la prostitution n'en continue pas moins à prospérer, pour le plus grand malheur de celles qui en sont les victimes et pour le plus grand profit de ceux qui les exploitent. Ces profiteurs du vice et de l'esclavage de la femme n'ont pas perdu espoir de faire rouvrir les fameuses maisons et leur Amicale s'y emploie activement. À leurs arguments qui restent les mêmes, le livre de Van Der Meersch demeure encore la meilleure réponse. Cette oeuvre, en effet, est l'une des plus courageuses et des plus attachantes de l'auteur, qui y a apporté la marque de son talent et le souffle de sa charité généreuse. Femmes à l'encan a ouvert la voie à d'autres écrivains qui, depuis, ont publié des pages émouvantes et probantes sur ce sujet. On ne peut que se féliciter et se réjouir de voir réimprimer la belle oeuvre de Van Der Meersch, écrite pour que prenne fin définitivement l'esclavage des malheureuses « femmes à l'encan ».
Author

A lawyer by training, he in fact practiced this profession very little, preferring to devote himself to writing. His work, replete with a spirit of realism, is essentially concerned with the life of the people of the Nord, his native region. In 1936 he was awarded the Prix Goncourt for "L'Empreinte du dieu" (Hath Not the Potter). In 1943 he published "Corps et âmes" (Bodies and Souls), which was awarded the grand prix de l'Académie française for that year. The novel was an international success—it was translated into 13 languages. Van der Meersch experienced great success in his lifetime, but is little known today.