État de veille
2009
Davide Reviati
État de veille, quand la vie s'écoule entre inconscience et conscience, entre indifférence et lucidité. Un état de rêve ou d'hypnose où les vérités les plus noires défilent devant nos yeux comme des hallucinations : la tristesse d'une cité de banlieue, l'infâme pollution de son usine pétrochimique, le désoeuvrement de jeunes abandonnés à eux-mêmes... Le tout raconté comme si l'auteur avait tenté de transmettre son message dans l'urgence, vite, avant qu'il ne soit trop tard.
Revue de presse
Est-ce pour oublier l'usine et la peur d'une catastrophe que Koper, Marzio, Lario et les autres s'abandonnent jusqu'aux dernières lueurs du jour dans des parties de foot sans fin, que le trait de Davide Reviati transforme en chorégraphies endiablées ? Mais les adolescents ont aussi des jeux stupides consistant à lancer des chats en l'air, brûler des crapauds ou bastonner des nouveaux venus dans des couloirs sans lumière...
Quelle alternative opposer à ce déterminisme social dicté au nom d'un progrès (la pétrochimie) qui leur échappe ? Dans ce premier ouvrage traduit en français, Davide Reviati n'apporte aucune réponse, se contentant de décrire avec tendresse des existences mal engagées. (Frédéric Potet - Le Monde du 4 février 2011 )
Les souvenirs d'enfance sont souvent piégés, lissés par les bons sentiments rétrospectifs ou, à l'inverse, hérissés de règlements de comptes tardifs. On ignore jusqu'à quel point Davide Reviati a puisé dans sa propre enfance, mais son récit échappe à l'un et l'autre écueil, traduisant avec un rare bonheur le quotidien aléatoire de gosses confinés dans leur quartier ouvrier, en marge d'une grande ville italienne, possiblement dans les années 1970. (Jean-Claude Loiseau - Télérama du 16 février 2011 )
Davide Reviati écrit sur le footbal comme substitut à la misère des cités ouvrières...
Le noir et blanc, la force du trait, les ruptures de rythme et de perspective en font un album d'une puissance rare. (Delphine Peras - Lire, mars 2011 )